
Rochefort, France
La charte Cité Vie « Objectif Nature, Energie-Environnement »
Résumé
Dès le milieu des années 80, Rochefort s'est distinguée par la mise en place d'une politique de gestion municipale de l'énergie ambitieuse, qui a porté ses fruits dès le début des années 90. En 1991, la Ville a choisi de signer l'une des premières chartes Cité Vie mise en place par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) afin de développer une approche globale des problèmes énergétiques et environnementaux. Les diagnostics et reflexions globales initiés en matière de transport, de déchets, d'urbanisme, d'efficacité énergétique et d'économie des ressources ont débouché sur plus de 40 opérations. Les résultats encourageants qui ont été obtenus se traduisent aujourd'hui par la poursuite des actions engagées et l'examen de nouveaux projets.
Objectifs
Les objectifs de l'opération Cité Vie sont les suivants :
- favoriser les initiatives publiques et privées pour améliorer la gestion des ressources, l'utilisation rationnelle de l'énergie, la prévention des pollutions, le traitement et la valorisation des déchets ;
- élaborer et mettre en oeuvre un programme municipal d'intervention ;
- tester un ensemble d'actions de sensibilisation destiné à impliquer la population et les acteurs économiques et sociaux.
Etat du projet
Rochefort projette de nouvelles actions environnementales et énergétiques. Les dispositifs en place continuent de fonctionner.
Contexte
Rochefort est une ville de 27 000 habitants située sur l'estuaire de la Charente entre Nantes et Bordeaux. Ses principaux atouts sont ses ports de commerce et de plaisance et son thermalisme. La ville a très tôt intégré dans sa politique les préoccupations énergétiques et environnementales. La politique de maîtrise de l'énergie initiée en 1984 l'a placée au premier rang des villes françaises pour l'efficacité énergétique :
- les consommations liées au chauffage des bâtiments ont été réduites de 52 % ;
- les économies réalisées représentent environ 10 à 15 millions de francs sur la période 1984-1990 ;
- le budget énergie ne représente plus que 157 francs par habitant et par an.
En matière de gestion de l'eau, un important travail de réduction des pertes sur le réseau d'alimentation en eau potable et d'utilisation plus rationnelle de la ressource a été mené. Les compteurs d'eau ont été généralisés. Pour le traitement des eaux usées, la ville s'est dotée d'une station de lagunage, l'une des plus importantes d'Europe. Celle-ci accueille aujourd'hui les visiteurs pour les sensibiliser au problème de la gestion de l'eau et à la découverte de la richesse des marais littoraux.

Stratégie
La ville de Rochefort a signé la Charte Cité Vie « Objectif Nature, Energie-Environnement » en 1990. Il s'agit d'un accord-cadre passé avec l'Ademe et le Conseil régional Poitou-Charentes pour la période 1991-1994.
La ville a organisé ses actions autour de quatre thèmes :
- la ville consommatrice : gestion municipale de l'eau, de l'électricité, du chauffage, du carburant etc.
- la ville aménageuse : politique des transports et de l'urbanisme
- la ville responsable de ses déchets
- la ville incitatrice : sensibilisation à l'environnement, formation, information, conseil aux particuliers etc.
Activités
Sur le thème de la ville consommatrice, la municipalité a prolongé ses efforts de maîtrise de l'énergie et des consomations d'eau. Elle a ainsi :
- assuré la gestion et le suivi rigoureux des installations (1990),
- mis en place un système de télégestion des chaufferies, et remplacé les éclairages incandescents par des éclairages fluorescents dans les groupes scolaires, fait un bilan des consommations de l'éclairage public (1991),
- installé un système de gestion informatique du parc des véhicules municipaux (1992),
- installé une chaufferie à haute performance à la piscine municipale (1993),
- produit de l'électricité grâce à la station de lagunage (1994).
Sur la thème de la ville aménageuse, Rochefort a choisi de réduire le trafic automobile et de favoriser le modes de transports alternatifs en aménageant des voies piétonnes et semi-piétonnes (zone 30), des voies de circulation partagée, en installant des garages à vélos dans le centre-ville et en mettant en service des mini-bus. Elle a par ailleurs lancé une étude sur l'amélioration des conditions de déplacements pour Rochefort et le pays Rochefortais afin de trouver des solutions adaptées à la desserte de zones peu denses. Une autre étude sur les coûts et les impacts environnementaux des différentes formes d'habitat à Rochefort a été réalisée.
En matière de déchets, un ensemble d'initiatives a concerné la limitation de la production des déchets et l'encouragement au recyclage : récupération des CFC, récupération et traitement des solvants, des huiles alimentaires des collectivités, distribution de composteurs individuels. Un projet de centre de tri et d'enfouissement des Déchets Industriels Banals en partenariat avec La Rochelle est à l'étude.
Enfin, dans le domaine de l'incitation, Rochefort a ouvert en centre-ville un centre d'information sur l'environnement et l'énergie, en partenariat avec la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) : « l'Espace Objectif Nature ». D'autres opérations de sensibilisation du public, de conseil aux particuliers et aux entreprises ont été menées telles que la réalisation de diagnostics gratuits pour les chaudières individuelles, de diagnostics antipollution pour les véhicules, de stages enseignants sur les déchets et sur la maîtrise de l'énergie.
Partenaires
Chacune des opérations a été menée en partenariat avec les acteurs locaux de la ville : association telle que la LPO ou l'Automobile Club, enseignants, habitants, scolaires, entreprises etc.
Financement et ressources utilisées
Le coût total de l'opération Objectif Nature Energie-Environnement sur la période 1991-1994 s'élève à 2,507 millions de francs. Cette opération a été financée à 50% par l'Ademe (1,251 millions de francs), à 39% par la Ville (971 000 francs) et à 11% par la région (285 000 francs).
Les dépenses se répartissent comme suit : 1,28 millions pour le fonctionnement (montage des actions, communication/édition, frais divers) ; 727 000 francs pour le personnel (chargée de mission, direction des services tehniques et secrétariat) ; 133 000 francs pour l'étude « déchets » ; 140 000 francs pour l'étude « déplacements » ; 60 000 francs pour le logiciel de gestion du parc automobile ; 47 000 francs pour la formation d'un éco-conseiller ; 120 000 francs pour l'étude « urbanisme/énergie ».
L'ensemble des opérations mobilisent les personnes suivantes :
- une conseillère-environnement (financement : 40% Ville et 60% Communauté de Communes du Pays Rochefortais)
- un animateur à plein temps à la station de lagunage (40% recettes, 30% LPO, 30% Ville)
- 2 personnes à l'Espace-Nature (1 emploi de la LPO et 1 emploi du Conseil général)
En 1998 trois emplois-jeunes ont été recrutés par la Ville.
Résultats et impacts
Au terme de ce programme, il apparaît que les initiatives prises ont été nombreuses et diversifiées avec plus de 40 actions menées à bien. L'effort de la municipalité a beaucoup porté sur la sensibilisation des acteurs locaux aux questions d'environnement et d'énergie. Toutes les études et diagnostics ont débouché sur des réalisations ou sur une poursuite de la réflexion. Par exemple, l'étude sur les déplacements a permis de trouver une solution originale de transport public avec la mise en service de mini-bus. La réflexion sur les déchets s'est traduite par la mise en place de plusieurs filières de collecte et de traitement et doit conduire à terme à l'implantation d'une unité de tri et d'un centre d'enfouissement pour répondre aux besoins du Pays Rochefortais et de la Communauté de Villes de La Rochelle. La gestion municipale de l'énergie s'est soldée par des économies importantes pour la municipalité.
Obstacles et conflits
La Ville a éprouvé des difficultés dans la mobilisation des relais locaux. Seuls les milieux éducatifs ont adhéré aux actions et les relaient dans le temps. Il semble également difficile de maintenir une volonté politique forte permettant de faire perdurer la prise en compte au quotidien de l'environnement dans les projets et actions municipales.
Transférabilité
L'expérience vécue par Rochefort est reproductible dans ses méthodes. Avant toute action, des diagnostics ont été établis, des réflexions globales ont été menées. La Ville s'est efforcée d'aborder les problèmes environnementaux et énergétiques à partir du concret, de l'action. Elle a proposé une série de mesures, pas nécessairement de grandes envergures, qui tirent leur force de leur poursuite sur le long terme. La ville a su fédérer l'ensemble de ses actions, qui peuvent paraître disparates, en établissant un plan global et cohérent.
Ce qu'il faut retenir
Une dynamique a été créée et le réflexe environnement-énergie est quasi-systématique pour tout nouveau projet de ville. Il est prévu de poursuivre et d'élargir les actions, notamment à la Communauté de Communes du Pays Rochefortais. Rochefort estime que les conditions de la réussite de l'opération Cité Vie tiennent à une volonté forte du Maire, à une implication forte du Directeur des Services Techniques, au recrutement d'une personne chargée exclusivement de la coordination et de l'animation de l'opération, à la motivation des services municipaux, au travail de partenariat avec les acteurs locaux, à l'accompagnement des projets par l'Ademe et à la mise en place d'un lieu d'accueil et d'information du public.
Contact
Mme Catherine Jourdy, Ecoconseillère
Mairie de Rochefort
B. P. 130
17306 Rochefort
Téléphone : 33 05 46 83 91 68
Télécopie : 33 05 46 83 24 59
M. Alain Papillon, Directeur des services techniques
Mairie de Rochefort
Téléphone : 33 05 46 84 30 62
Télécopie : 33 05 46 84 30 99
Fiche réalisée à partir d'un rapport de synthèse de l'association 4d (Dossiers et Débats pour le Développement Durable) daté de mars 1996 : Les villes françaises et le développement durable. Rapport de synthèse, fiches de cas et fiches techniques. B. Duhamel, C. Emelianoff, L. Héland, C. Menneghin et J. P. Piéchaud. pp. 101-106
Cette fiche a été publiée dans l'ouvrage Les villes françaises pour le développement durable. Conférence des Nations unies sur les établissements humains. Habitat II. Sommet des villes, Istanbul, 3-14 juin 1996. Ouvrage édité par le ministère de l'Environnement en juin 1996. pp.44-47
Remerciements
Le texte pour le résumé de ce projet a été constitué par
l'association 4D (Dossiers et débats pour le
développement durable), Paris - E-mail:association4d@globenet.org, 1999.
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