Fiche rédigée par l'association 4D, France Lyon, France
Le schéma directeur d'agglomération « Lyon 2010 »

Résumé

L'agglomération lyonnaise à travers « Lyon 2010, un Projet d'agglomération pour une métropole européenne », adopté en 1992, a mis au point des méthodes et des savoir-faire nouveaux en matière d'urbanisme et de planification contribuant au renouveau de la planification stratégique. Le nouveau Schéma Directeur est davantage un guide pour l'action qu'un plan offrant une vision figée du devenir de l'agglomération. Sa flexibilité permet de faire une large place aux opportunités de réalisation et implique d'autres partenariats que les partenariats traditionnels (Etat ; collectivités locales). Il repose sur deux grands principes d'aménagement, la reconquête de la ville sur elle-même et la mixité des fonctions urbaines, et sur un principe de large concertation. Enfin, il est opérationnel car il se décline en différentes politiques publiques.

Objectifs

Définir des orientations à 15-20 ans qui assureront à l'agglomération lyonnaise les meilleures conditions de développement tant économiques que sociales et environnementales. Territorialiser tous les enjeux de développement et les décliner en politiques publiques opérationnelles. Développer la concertation avec toutes les communes de l'agglomération et avec les habitants. Refaire la ville sur elle-même en privilégiant l'aménagement des espaces publics.

Etat du projet

Les différentes politiques publiques qui découlent du Schéma Directeur sont en application : 1992-2000.

Contexte

L'agglomération lyonnaise (72 communes, 1,2 millions d'habitants) a engagé la révision de son schéma directeur en 1985. Celle-ci s'est conclue par l'adoption en 1992 d'un schéma directeur d'agglomération « Lyon 2010, un projet d'agglomération pour une métropole européenne ». Il s'agit d'un document de planification stratégique souple et flexible, déterminant de grandes orientations de développement à 15-20 ans en intercommunalité avec 71 communes. Il entend répondre au défi de l'extension urbaine (la moitié de la surface urbanisée du Grand Lyon a moins de 50 ans), développer la solidarité entre tous les quartiers de l'agglomération et privilégier l'aménagement et la valorisation des espaces publics et des espaces naturels.

Stratégie

Les grandes orientations du Schéma Directeur ont été traduites en politiques publiques s'appliquant à l'ensemble de l'agglomération. Une Charte d'écologie urbaine a été adoptée en 1992 et révisée en 1997. Elle a été complétée par une Trame verte et un Plan bleu, destiné à reconquérir le patrimoine fluvial. Le Projet d'agglomération repose également sur une politique forte de développement social des quartiers qui a débouché sur l'adoption d'un Contrat de ville signé en 1994 et d'un Programme Local de l'Habitat. D'autres outils de planification ont été déployés : un Schéma d'Urbanisme Universitaire, un Schéma d'Urbanisme Hospitalier, un Schéma Directeur d'Urbanisme Commercial, chacun de ces instruments permettant de croiser approche territoriale et approche sectorielle. Enfin, un Plan de Déplacements Urbains et un Schéma de Développement Economique sont en cours d'élaboration.

Activités

Il est difficile de donner un aperçu de l'ensemble des politiques publiques mises en place dans le cadre du Schéma Directeur. Trois exemples ont été choisis pour illustrer la démarche engagée par l'agglomération ; celle-ci n'est cependant pas réductible à ces trois opérations d'envergure et de nature différentes.

1) Le Plan de Déplacements de Urbains de l'agglomération lyonnaise a été élaboré puis adopté en 1997 par le Syndicat des Transports du Rhône et de la Région Lyonnaise après consultation des collectivités locales et de l'Etat. Axé sur le développement des transports en commun et l'intermodalité, il prévoit la réalisation de 14 lignes de tramway dont deux devraient être opérationnelles en l'an 2000, la prolongation du métro, le développement de la desserte ferroviaire périurbaine, un Schéma Directeur des itinéaires cyclables, un nouveau tronçon de périphérique permettant d'éviter la circulation automobile en centre-ville et l'amélioration des déplacements piétons.

2) Le Grand lyon a mis en place une politique forte d'espaces publics, élément indispensable de la reconquête de la ville sur elle-même. Les espaces publics ont été revalorisés quelle que soit leur fonctionnalité (rue, squares, jardins, espaces non construits) et leur situation (centre ou périphérie). La méthode retenue s'articule autour de 3 principes : concertation avec les habitants, transversalité technique et institutionnelle et cohérence globale du projet. Un groupe « Espaces Publics » a été constitué au sein de la Communauté urbaine pour assurer une maîtrise d'ouvrage forte.

3) L'île de Miribel-Jonage a fait l'objet d'un plan global de mise en valeur du territoire adopté en 1994 sous forme d'une charte d'objectifs approuvée par le Syndicat d'Aménagement de la zone. Site stratégique unique pour la région, elle sert de réservoir naturel de rétention des crues, alimente l'agglomération en eau potable et est un équipement de loisirs du fait de ses qualités naturelles et paysagères. Les priorités de ce plan sont : préserver la ressource en eau potable, restaurer le champ d'expansion des crues en amont de Lyon, valoriser le patrimoine naturel et les richesses écologiques de l'île et développer les loisirs de plein air. Ces orientations devaient se traduire dans un nouveau schéma d'aménagement de la zone fondé sur des études hydrauliques, écologiques et sociologiques.

Partenaires

La Communauté Urbaine du Grand Lyon est le principal maître d'ouvrage de cette politique. Il est relayé dans son action par tout un réseau d'acteurs publics, notamment l'ensemble des collectivités locales membres de la Communauté Urbaine qui se sont dotées de services importants dans le domaine de l'urbanisme et du développement économique, et de plus en plus, par des acteurs privés. Le Département, la Région et l'Etat sont également fortement impliqués dans la mise en place des infrastructures de portée nationale et régionale et participent aux politiques sociales des quartiers et au développement du logement d'insertion. La concertation avec les habitants et les associations est favorisée, au travers notamment des Comités Consultatifs d'Urbanisme. En dehors de cela, des partenaires spécifiques sont associés à chaque type d'opération.

Résultats et impacts

Il est difficile d'établir un bilan des différentes politiques qui émanent du Schéma Directeur car elles sont nombreuses et ne sont pas parvenues à leur terme. Il est seulement possible d'énumérer quelques unes des opérations entreprises, à titre d'exemples.

La politique de reconquête de la ville sur elle-même a conduit à la valorisation des centres historiques, comme celui du Vieux Lyon, et au renforcement des centres de vie traditionnels comme celui de Villeurbanne, deuxième commune de l'agglomération. Dans le cadre de cette politique, des friches urbaines et industrielles ont été réhabilitées et aménagées.

La politique d'espaces publics a permis de réaliser plus de 40 opérations depuis 1989. Les projets ont un fort contenu culturel et symbolique (place des Terreaux, au centre de l'agglomération) et sont d'autre part intégrés dans les grands ensembles périphériques en vue de promouvoir une appropriation de l'espace urbain par l'ensemble de la population dans un esprit de mixité (quartiers de Mermoz à Lyon et de Darnaise à Vénissieux). Le résultat en est une qualité de vie renouvelée, une circulation routière éloignée des lieux de vie, le retour progressif à la sociabilité urbaine et une réaffirmation de la centralité du coeur de la ville.

Dans le cadre du Contrat de ville 1994-1998, 23 sites « sensibles » cumulant handicaps sociaux et urbains font l'objet d'une démarche globale de développement socio-économique, d'aménagement et de désenclavement spatial. 32 autres sites relèvent d'actions plus ciblées sur le logement, l'emploi, l'éducation ou l'économie et de politiques plus légères de prévention. Au total, c'est plus de la moitié du parc HLM (45 000 logements) qui est concernée par la politique.

Le Plan Bleu a été à l'origine de différentes opérations de reconquête des berges du Rhône et de la Saône : aménagement des bas-ports du Rhône, paysagement par des plantations sur les quais de l'Université Claude Bernard ou de la Cité Internationale, pistes cyclables, mise en place de haltes fluviales sur les bords de la Saône etc.

Lyon a remporté avec son Projet d'agglomération le Grand prix européen de planification urbaine et régionale 1995, décerné par la Commission européenne en association avec le Conseil Européen des Urbanistes.

Obstacles et conflits

La planification au travers d'un Schéma Directeur présente des limites face aux enjeux territoriaux de la mondialisation et de la métropolisation. L'Etat et les collectivités locales ont donc engagé des réflexions complémentaires afin de positionner l'agglomération dans son aire métropolitaine, dans sa région, en Europe et dans le monde et ainsi se placer à une échelle d'intervention plus pertinente. Cet élargissement du périmètre d'action prend la forme d'une participation à différents réseaux de villes, de l'harmonisation des Schémas Directeurs ou encore d'une participation à l'élaboration d'une Directive Territoriale d'Aménagement (DTA). A l'échelle de l'aire métropolitaine a été fondée la Région Urbaine de Lyon (2,5 millions d'habitants, rayon de 60 kilomètres autour de Lyon). Une charte d'objectifs visant à mettre en place une planification stratégique cohérente et maîtrisée de ce territoire a été signée.

Une des difficultés rencontrées par la Communauté urbaine de Lyon est de parvenir à assurer la transversalité entre des politiques publiques qui sont sectorielles. Dans ce but, l'attachement au principe de développement durable et à la question de la citoyenneté est sans cesse réaffirmé.

Ce qu'il faut retenir

Le nouveau Schéma Directeur de l'agglomération lyonnaise contribue au renouveau de la pensée de la planification urbaine. Il s'agit d'un document prospectif et qualitatif plutôt que pragmatique et quantitatif. Il met l'accent sur les lieux et les conditions du développement, notamment sur l'environnement et la qualité de vie, plutôt que sur le développement lui-même. Il est partagé car il a donné lieu à une large concertation (plus de 1000 réunions). Son opérationnalité est garantit par sa déclinaison en différentes politiques publiques.

D'autre part, les réflexions et débats suscités par la mise au point du Projet d'agglomération ont fait prendre conscience à l'Etat et aux collectivités locales partenaires de la nécessité de se placer à d'autres niveaux d'intervention et d'action compte tenu des phénomènes de mondialisation et de métropolisation.

Informations supplémentaires

Contact : François Brégnac
Directeur de l'Agence d'urbanisme de la Communauté Urbaine de Lyon
18, rue du Lac
BP 3129
69402 Lyon Cedex 03

Téléphone : 33 04 78 63 43 15
Télécopie : 33 04 78 63 40 83

Fiche réalisée à partir des ouvrages :

- Les villes françaises pour le développement durable. Conférence des Nations unies sur les établissements humains. Habitat II. Sommet des villes, Istanbul, 3-14 juin 1996. Ouvrage édité par le ministère de l'Environnement en juin 1996. pp. 36-39

- Planification urbaine et développement durable. Contribution des agences d'urbanisme. Habitat II. Sommet des villes. Istanbul, juin 1996. Fédération française des Agences d'Urbanisme. Ouvrage édité par la Fédération nationale des Agences d'Urbanisme de l'Agglomération Marseillaise. pp. 21-30 et 231-235

- Lyon Métropole. La qualité urbaine au service du développement.

Remerciements

Le texte pour le résumé de ce projet a été constitué par l'association 4D (Dossiers et débats pour le développement durable), Paris - E-mail:association4d@globenet.org, 1999.

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