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Développement d'une cité durable à Kobe (Japon)

STRATÉGIE
Accélérer la transition vers des communautés et des villes durables

DÉFI
Réparer la dégradation physique, sociale et économique résultant d'un très puissant tremblement de terre, et réduire le potentiel de pertes en vies humaines et d'autres dégâts à l'avenir

ACTION
Restaurer physiquement les infrastructures de la ville et ranimer la ville grâce à un plan s'attaquant aux questions physiques, sociales et institutionnelles pour aboutir à une communauté durable, capable de mieux résister aux catastrophes naturelles

PROFIL
Ville de Kobe (Japon)
Population:
1.506.112
Superficie: 550 km2 Budget municipal: US $16 milliards


Plus de 67 000 bâtiments dans la Ville de Kobe se sont effondrés à la suite du Grand Tremblement de Terre Hanshin-Awaji.
Photo avec la permission de la Ville de Kobe


La ville de Kobe forme avec Osaka et Kyoto le point focal de l'économie de l'ouest du Japon. La partie sud de la ville est hautement urbanisée et industrialisée, tandis que les autres parties ont connu un développement mixte ou sont restées rurales. Le sud de Kobe compte un million d'habitants.

Le Grand Tremblement de Terre Hanshin-Awaji a eu lieu le 17 janvier 1995. Dans la seule ville de Kobe, il a tué plus de 4 500 personnes et blessé près de 15 000 personnes. La plupart des victimes étaient des personnes âgées ou vivant dans des structures mal bâties. Plus de 67 000 bâtiments se sont effondrés, et beaucoup d'autres ont brûlé ou ont subi d'autres dégâts. Puisque l'approvisionnement en eau et les infrastructures de transport n'ont pas résisté, les activités de secourisme à grande échelle manquaient là où le besoin en était le plus urgent.

La Ville de Kobe a constaté que l'impéritie institutionnelle a fait que le désastre secondaire était encore plus grave. Le partage quasi inexistant d'information entre les gouvernements national, préfectoral et municipal a ralenti les activités de sauvetage immédiatement après le séisme. Les évacués étaient confrontés à un piètre accès aux services médicaux, à la nourriture et au logement pendant une période considérable après le séisme. Le soutien financier du gouvernement pour la restauration des logements n'était pas immédiatement disponible. La survie d'urgence et la restauration des biens personnels dépendaient donc des finances personnelles des intéressés.

Le tremblement de terre a démontré à l'évidence que Kobe n'était pas résistant aux catastrophes - ni physiquement, ni économiquement, ni institutionnellement. Kobe avait besoin d'une nouvelle stratégie de développement et en juin 1995, la ville a établi le Plan de redressement de Kobe (KRP), projeté sur 10 ans.

L'objectif du KRP est de redresser la ville en promouvant les communautés et en renforçant l'économie et la culture à l'aide d'un processus décisionnel à parties prenantes multiples. À court terme, l'accent tombait sur la restauration rapide des infrastructures urbaines, tandis que la création d'une société résistante aux catastrophes est un objectif à long terme.

Kobe a adopté par stratégie les communautés comme moteur du plan. Après une catastrophe, les groupes communautaires peuvent réagir de manière bien plus efficace que le gouvernement central aux besoins immédiats. Kobe a établi des communautés anti-désastres et d'assistance (DWC) pour mettre en ?uvre le plan de gestion des désastres. Les unités sont divisées selon les districts constitués autour des écoles primaires, qui abritent généralement quelques 10 000 personnes. À ce jour, 187 districts ont établi des DWC. Les unités sont chargées de recueillir les commentaires du public, de vérifier la durabilité des structures et d'organiser des exercices de simulation de désastres.

L'objectif immédiat du KRP était de secourir les victimes du séisme et de restaurer la ville physiquement, socialement et économiquement. Cela a été réalisé grâce à une série de programmes.

Réhabilitation de la vie civile
La réhabilitation de la vie civile comprenait la fourniture de maisons, la promotion de l'emploi et l'obtention de services médicaux surtout pour les habitants âgés et à revenu modeste. Dans les cinq années qui ont suivi le séisme environ 149 000 maisons ont été construites. Comme la restauration des biens personnels dépendait en premier lieu des capacités financières personnelles, le gouvernement a choisi de se concentrer non seulement sur la construction de maisons, mais aussi sur la promotion des emplois et le soutien financier accordé aux habitants à faible revenu.

Une loi nationale destinée aux personnes touchées par les désastres naturels a été votée à la suite du séisme. Les autorités locales avaient fait pression sur le gouvernement local pour établir cette loi. Elle est entrée en vigueur avec effet rétroactif pour les victimes du Grand Tremblement de Terre Hanshin-Awaji. Sur la base de cette loi, Kobe a fourni un soutien financier à titre personnel, rendant ainsi plus abordable la restauration des biens privés.

Le redressement économique
Kobe soutient la réhabilitation de commerces existants tant financièrement que techniquement. L'environnement des affaires n'a toutefois pas encore été complètement restauré. La restauration physique d'équipements publics importants tels que le port, les routes et les chemins de fer était entièrement achevée deux ans après le séisme.

Les attraits de Kobe
Depuis le séisme, les espaces ouverts ont été étendus et mis en réseau, et l'infrastructure de l'information a été développée davantage. Non seulement ces réalisations font de Kobe une ville plus attrayante, mais, étant d'une importance primordiale en temps de crise, elles contribuent à sa capacité de gérer d'éventuels désastres futurs.

Collaboration
Les organisations basées dans la communauté (CBO) ont été identifiées comme les principaux contributeurs à la mise en ?uvre du plan, y compris les activités de secourisme immédiatement après le séisme. Les CBO ont aidé des victimes qui devaient s'installer dans de nouvelles communautés. Ayant reconnu l'importance des CBO, Kobe cherche à collaborer avec ces organisations afin d'améliorer la communication au niveau communautaire, ce qui fera avancer à ce niveau la préparation en cas de désastre.

Communauté résistante
Kobe met actuellement en ?uvre des améliorations en matière de durabilité physique et sociale au niveau communautaire. Des programmes éducatifs basés dans la communauté en vue de la prévention des désastres sont en cours, y compris des ateliers pour appuyer les leaders des communautés et des séminaires à l'intention des habitants. En même temps, les pompiers ont révisé leur organisation et emploient des systèmes de pointe et un matériel ultramoderne.

La restauration physique de la ville a été réalisée comme prévu, voire plus rapidement que prévu. Kobe a trouvé difficile d'identifier des solutions pertinentes (aiguës et directives ou consultatives et à long terme) immédiatement après le séisme car le travail de restauration était urgent. En conséquence, quelques-unes des politiques retenues se sont avérées inadéquates

Vers l'avenir...
En 2000, le gouvernement municipal a annoncé à la suite de commentaires recueillis auprès du public que la restauration physique était achevée. Regardant en avant, le gouvernement a reconnu qu'un certain nombre de questions restaient en suspens :
  • bien que la restauration soit terminée, certains habitants avaient perdu leur emploi et n'avaient pas accès à leur médecin de famille en raison des déplacements. Afin de parachever la réhabilitation de la ville, Kobe travaille à élargir l'accès aux services publics afin d'améliorer la vie de tous,
  • l'économie, en tant que base du revenu des habitants, doit être redressée,
  • le développement urbain en vue de la prévention des désastres doit être poursuivi et entretenu
Le gouvernement reconnaît que la création d'une communauté résistante exige des efforts ininterrompus et que beaucoup des actions nécessaires sont étroitement liées. En se tournant vers l'avenir, Kobe réalisera stratégiquement le plan tout en s'adaptant aux problèmes nouvellement identifiés.

RÉSULTAT
Kobe a réalisé en peu de temps la restauration physique des structures urbaines à l'aide d'approches directives et collaboratives. En cinq ans après le séisme, Kobe a construit 149 000 maisons, reconstruit les infrastructures et les réseaux de transport, et établi des unités communautaires afin d'assurer l'efficacité de la planification de prévention des désastres. En général, les résidents jouent un rôle beaucoup plus important dans la gestion de la ville. Près de 40% des personnes âgées et plus de 50% de la jeunesse participent aux groupes communautaires. Kobe envisage d'accroître de manière significative ces proportions pendant les cinq années à venir. Tout au long du processus, des améliorations sociales ont également été réalisées. Il a été démontré que les liens existants au sein des communautés peuvent renforcer la résistance d'un voisinage. Ces liens ont sans aucun doute augmenté l'efficacité des divers projets. L'encouragement de ces relations constituera une partie importante du travail continu de Kobe.

LEÇONS APPRISES
L'expérience de Kobe renferme quatre leçons importantes. Premièrement : une communauté instruite, à laquelle on a confié certains pouvoirs décisionnels, est l'unité de base pratique pour la gestion des désastres. Étant donné que les fonctions gouvernementales ne sont pas très actives immédiatement après une catastrophe majeure, il est essentiel d'encourager la cohésion de communautés ayant les compétences pour se débrouiller toutes seules.

Deuxièmement : la résistance physique des structures est une exigence de base pour une ville resistante aux désastres. Puisque les dégâts structurels sont prévisibles lors d'un désastre, il faut que les autorités locales conçoivent des contre-mesures.

Troisièmement : la capacité institutionnelle à répondre en cas d'alerte - sécurité, fluidité de l'information (entre gouvernements, entre le gouvernement local et les habitants, entre les habitants) - et la logistique médicale sont extrêmement importantes. Afin de maintenir en état les procédures institutionnelles, il importe de les faire marcher régulièrement, non seulement en vue de la prévention des désastres, mais comme tâche quotidienne. La négligence des ces facteurs ralentira les activités de secourisme et aggravera inutilement tout désastre.

Quatrièmement : l'identification de politiques appropriées pour la restauration est nécessaire même dans des circonstances difficiles, car elle réduira les conflits lors de la mise en ?uvre des programmes. La Ville de Kobe aurait préféré accélérer la fourniture des produits de première nécessité mais mettre en ?uvre plus lentement les projets de redécoupage des zones et de redéveloppement afin de renforcer la participation communautaire. On doit s'occuper rapidement des choses essentielles tandis que la restauration à long terme demande la concertation communautaire.

FACTEURS CLÉS DE RÉPLICATION
Les contre-mesures à prévoir pour la gestion des désastres se divisent grossièrement en trois phases selon leur durée : urgence, soins à court terme, et restauration à long terme. Les deux premières phases se prêtent le mieux à un traitement directif (de haut en bas) en vue de décisions rapides, tandis que les plans à long terme demandent une mise en ?uvre participative en vue de résultats responsables. Les phases progressent de façon plus sûre et efficace s'il existe une culture de coopération entre les habitants, les experts, les entreprises et les gouvernements.

CONTACTS CLÉS
(pour les renseignements fournis par la Ville de Kobe)
Naoya Ando, Section Chief Planning Division
City of Kobe
Télécopieur: +81-78/3232-6009



Surat (Inde)
L'augmentation rapide de la population doublée d'un système de gestion des déchets solides inadéquat a laissé la Ville de Surat démunie devant la déclaration de la peste en 1994. La décentralisation de la ville en centres de gestion régionaux et le renforcement de la responsabilité de la bureaucratie municipale ont abouti à une ville plus proche de ses habitants et d'une propreté remarquable en l'espace de 18 mois. Les habitants ont été directement impliqués dans la surveillance de la gestion des déchets, les autorités locales ont été astreintes à des évaluations rigides et des politiques strictes de gestion des déchets ont été appliquées.

Sudbury (Canada)
Il y a seulement 30 ans, la Ville de Greater Sudbury offrait un paysage lunaire stérile, résultat de 100 ans d'exploitation minière et d'industrie négligentes et irresponsables. En 1973, Sudbury a réuni un comité pluridisciplinaire, comportant scientifiques et groupes communautaires, afin de réhabiliter la vie de la flore et la faune locales. Depuis lors plus de 11 millions d'arbres ont été plantés dont plus de 6 millions grâce au programme d'assainissement de la terre lancé par Sudbury. La ville est considérée à présent comme l'un des exemples les plus impressionnants au monde de la résistance environnementale grâce à l'assainissement du terrain. Bien que la moitié du terrain de la ville reste à assainir, la ville est engagée en faveur de l'amélioration et de l'entretien d'un environnement sain pour les habitants grâce à la réhabilitation et à la protection des ressources naturelles : l'air, les sols et l'eau.

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