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La lutte contre la pauvreté à Johannesburg (Afrique du Sud)
STRATÉGIE
Accélérer la transition vers des communautés et des villes durables
DÉFI
S'occuper des besoins essentiels immédiats et promouvoir la sécurité humaine à plus long terme ainsi que les valeurs de durabilité auprès des habitants pour qui la pauvreté et l'accès aux besoins humains essentiels, tels que l'abri, la nourriture et l'habillement sont primordiaux.
ACTION
Impliquer la communauté dans la recherche des solutions les plus innovatrices, les plus pertinentes sur le plan technique et les plus saines écologiquement afin d'améliorer le développement économique local, et renforcer les capacités communautaires afin de contribuer à ces solutions.
PROFIL
Ville de Johannesburg (Afrique du Sud)
Población: 2,9 millons (en 1998)
Superficie : 2,300 km2
Budget municipal: US$1.04 milliards

La coopérative de vélos Shova Lula, l'une des initiatives d'EcoCity, s'occupe de la vente et de l'entretien des vélos, encourage l'emploi des vélos et la sécurité des cyclistes, et incite à l'utilisation des vélos dans les activités commerciales.
Midrand est une municipalité voisine de Johannesburg et fait actuellement partie de la Ville amalgamée de Johannesburg. C'est une zone de croissance économique et démographique rapide avec une population de 240 000 destinée à atteindre le chiffre de 380 000 en 2010. Midrand est une zone à contrastes multiples - sur les plans géographique, racial et économique - en raison de l'héritage de l'apartheid et des tendances du développement économique. On y trouve d'une part des quartiers riches, où les habitants possèdent de grands terrains, entrecoupés de cités haut de gamme, de complexes residentiels et autres ensembles d'habitation et, d'autre part, par contraste, des établissements humains formels et informels très peuplés où habitent 80% des habitants.
Soixante-cinq pour cent de la population de Midrand gagnent moins de US$70 par mois, contre 21% de la population nationale, et les taux de chômage y sont très élevés. De tous les ménages de Midrand, plus de 40% sont du secteur informel avec un accès limité aux services de bases (eau, électricité, installations sanitaires, enlèvement d'ordures ménagères, routes bitumées).
C'est dans ces zones informelles que l'on trouve les plus fortes densités démographiques et les problèmes de santé et écologiques associés, tels que l'incidence plus élevée de maladies respiratoires due au recours au charbon comme source principale de chaleur pendant les mois d'hiver.
Alors qu'une proportion importante de la superficie de Midrand peut être classée comme zone rurale, il y a un manque d'espaces ouverts, surtout dans les établissements informels. Les terres marécageuses et riveraines ont souffert une dégradation grave - l'eau de la rivière Kaalspruit a été qualifiée comme étant plus polluée que celle qui arrive dans les usines de traitement des eaux usées.
Née de l'activisme écologique à un niveau de base, l'initiative EcoCity cherche à promouvoir la sécurité humaine et les valeurs de durabilité parmi les habitants, surtout au sein des communautés des agglomérations informelles, tout en pourvoyant à leurs besoins immédiats.
L'initiative EcoCity a été fondée en 1999 comme partenariat entre le Conseil Municipal de Midrand et le Midrand EcoCity Trust, une ONG créée en vue de promouvoir le changement au sein de la communauté et de piloter le processus. Il incombait au conseil municipal d'intégrer ces développements dans les programmes de divers services. Depuis lors Midrand a été incorporé dans la Ville de Johannesburg. Le Conseil municipal de Johannesburg s'est joint au partenariat et envisage d'étendre la vision EcoCity à toute la ville.
Malgré son nom, l'initiative EcoCity se concentre en premier sur la réduction de la pauvreté, conformément à l'idée que le développement durable se réalisera d'autant mieux qu'il améliorera la qualité de vie des habitants locaux. Les réussites écologiques à long terme dépendent de la sécurité économique, sociale et environnementale de l'individu, du foyer et de la communauté. L'autosuffisance, le renforcement des capacités, la transformation verte, l'équité et la participation publique sont aussi des principes clés de l'initiative, moyennant lesquels EcoCity a pu orienter la planification urbaine et l'investissement vers le développement durable.
La vision de l'initiative EcoCity a été élaborée comme solution aux problèmes environnementaux identifiés dans le Rapport sur l'état de l'environnement de 1999. Le rapport a identifié la pollution de l'air, des sols et de l'eau comme thèmes dominants, exacerbés par le manque de services et d'infrastructures dans les zones dites informelles. Les espaces ouverts publics, la gestion des déchets, les transports et l'emploi de l'énergie ménagère ont également été identifiés comme questions dont il faut s'occuper.
La nouvelle initiative avait pour but d'assurer une ville autosuffisante pouvant générer ses propres richesses et maintenir la circulation des ressources au sein de la communauté. D'entrée de jeu, Midrand s'est concentré sur la création d'une vision alternative du développement durable où la communauté définit et développe les objectifs et stratégies, qui sont ensuite mis en oeuvre à l'aide des ressources locales.
À l'aide d'ateliers communautaires, les habitants se sont accordés sur des principes et des initiatives communs. Ils ont décidé que la meilleure manière de piloter le processus était d'impliquer les petites entreprises locales. Des coopératives commerciales ont été créées qui ont engendré des opportunités d'emploi dans la communauté, contribué aux valeurs de durabilité et assuré le soutien de la communauté pour l'initiative EcoCity. Le but était de conduire ces coopératives à l'autosuffisance en deux ans après leur création.
Les divers projets EcoCity sont coordonnés autour d'une vision, de valeurs, d'objectifs et de stratégies communs. Chaque élément, tout en étant important dans son propre domaine, fait partie intégrante de la stratégie d'ensemble.
RÉSULTATS
Les coopératives et d'autres projets ont rencontré un certain succès immédiat. Par exemple, un groupe de 70 cultivateurs organiques travaillant en bordure de la rivière a contribué à la stabilisation de la berge inondable et à la réhabilitation des terres marécageuses. Une coopérative de vélos a créé des emplois et fourni des vélos aux navetteurs ainsi que 1 200 vélos pour les écoliers, réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis du transport motorisé. Quatorze femmes tiennent une coopérative de construction qui bâtit des maisons avec des méthodes éco-conviviales. Des initiatives ont été introduites pour résoudre les problèmes touchant à l'eau : anti-pollution et anti-gaspillage, tels que le recyclage des eaux grises, la gestion de la demande de l'eau et des dispositifs de conservation d'eau, qui sont promus dans les nouveaux développements. Des constructeurs et entrepreneurs locaux sont recherchés pour tous les projets, et ceux-ci utilisent des matériaux disponibles localement.
L'aspect le plus impressionnant de l'initiative EcoCity est qu'elle a entraîné un changement de comportement au niveau de la communauté. La création de l'EcoVillage fournit un bon exemple. Au début de la phase de la participation communautaire, les habitants ne se souciaient pas du type de logement fourni, comment il était fait, d'où il venait, qui le fournissait... Pourvu qu'ils aient un logement. Cependant, en étudiant les options afin de satisfaire leurs besoins les plus pressants, la communauté a fini par incorporer de multiples innovations et technologies éco-conviviales. L'EcoVillage compte des maisons bâties avec des briques de récupération, de l'eau grise recyclée, et orientées de manière à maximaliser l'exposition au soleil pendant les mois d'hiver, équipées de panneaux solaires et d'autres dispositifs de rendement énergétique. Cette évolution témoigne des progrès évidents réalisés.
L'initiative EcoCity a démontré aux membres de la communauté et aux politiciens qu'il est possible de créer des bénéfices économiques tout en faisant une contribution à une communauté plus durable. Puisque l'initiative EcoCity portait principalement sur la réduction de la pauvreté grâce au respect des principes écologiques, elle a pu générer un plus grand soutien auprès de la communauté.
À l'heure actuelle, le défi consiste à intégrer les actions lancées à Midrand dans les secteurs clés du développement de la Ville de Johannesburg, tout en maintenant l'élan généré par Midrand lui-même.
LEÇONS APPRISES
Dès l'engagement du gouvernement local dans la gestion des initiatives EcoCity, un élément de stabilité financière s'est introduit, qui réduit la dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds et de leurs priorités.
La focalisation sur des arrangements institutionnels locaux et sur le renforcement des capacités a assuré une participation plus importante et l'appartenance locale des initiatives. Entre autres moyens d'y parvenir on a encouragé le volontariat, la promotion du recours aux coopératives locales directement sous le contrôle de la communauté locale et sensibles aux besoins et aux préoccupations de la communauté, et l'élaboration de solutions locales pour les problèmes écologiques locaux.
FACTEURS CLÉS DE RÉPLICATION
Le succès dépend de :
- un noyau d'individus engagés capable de piloter le processus, surtout dans les phases initiales,
- la surveillance et l'évaluation continues des initiatives afin de déterminer ce qui marche et ce qui ne marche pas,
- l'appui d'un gouvernement local ouvert à des changements dans les modalités du processus de planification
- l'engagement du gouvernement local et sa volonté d'incorporer les initiatives réussies dans les activités journalières de la ville.
CONTACT CLÉ
Ms. Annie Sugrue, Managing Director,
EcoCity Trust
Télécopieur: +27-11/403-7904
Courrier électronique: annie@ecocity.org.za
Velingrad (Bulgarie)
En 1997, Velingrad (Bulgarie) avait un taux de pauvreté très élevé et ses citoyens étaient sans espoir pour l'avenir. Ils n'étaient pas convaincus que l'utilisation des principles du développement durable dans la planification comme stratégie pour améliorer l'économie locale serait utile.
En travaillant avec le Programme des Nations Unies pour le développement "Capacités 21," la ville a pu utiliser la reduction de la pauvreté comme thème de base pour sa planification urbaine.
Avec le rajeunissement des marchés locaux, l'amélioration des écoles et des espaces vertes et d'autres projects, la ville a créé un centre d'affaires. Ce centre a aidé à augmenter la croissance des investissements étrangers dans les petits et les moyens enterprises et a servi comme point de convergence pour la communauté entière. Ce succès a permit à la ville d'investir davantage dans d'autres projets.
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